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Chapitre 15 : Première vraie souffrance
Trois jours étaient passés depuis leur week-end en amoureux. Tout se passait pour le mieux. Déitan travaillait comme d’habitude sur base. Il entraînait une partie des soldats tout en s’entraînant lui-même aussi bien physiquement que psychiquement. Il avait perdu du poids et avait pris en musculature. Déjà bien bati, il avait à présent un des plus beau corps de Keiyaku. Donc tout se passait bien sauf pour sa santé. Il travaillait d’arrache pied, passait tout son temps libre avec Anton que ce soit le midi ou le soir, il faisait au plus vite dans la journée pour rentrer plus tôt histoire de ranger l’appartement et d’être là au retour de son amant. Déitan avait à la fois un mental de militaire au travail mais un mental de femme au foyer - sans être ridicule non plus - dés qu’il se retrouvait en dehors du boulot. Son corps était donc fatigué et le jeune homme tourna de l’œil dans son bureau. Déi était épuisé. C’est un jeune homme qui le retrouva par terre près de son bureau. Le front brûlant, il avait été raccompagné par un militaire à son domicile après un examen du médecin de l’armée : le diagnostic était alarmant. Le jeune Valore avait une tension de 7, avait attrapé une pneumonie – tant qu’il y était -.
A présent dans son appartement, il fonça droit vers la chambre et s’affala sur le lit. Il prit le soin tout de même d’enlever ses grosses chaussures et ses vêtements poussiéreux pour se retrouver en caleçon. Déitan se glissa sous les couvertures et s’emmitoufla dedans comme un enfant. Rapidement, il sombra dans les bras de Morphée, bien trop fatigué pour résister. Ses paupières bien closent il soupira de bien-être en sentant une douce chaleur – celle de la couverture – l’entourer.
Il faisait froid et un drôle de bruit vint à ses oreilles. Un moteur. Il ouvrit les yeux et se retrouva à côtés qu’une poignée d’hommes musculeux aux airs peu sympathiques. Il regarda ses mains toutes maigres, étrange. Enfin tout trembla et le brouhaha cessa. On e poussa à descendre d’un avion dans lequel il avait été transporté. Balancé sur ce qu’il restait d’herbes de cet endroit, il regarda autour de lui.
- Alors Valore, t’es content d’être là ?
Des rires retentirent et Déitan se retourna vers lui, le regard sombre. Au fond on pouvait y lire de l’horreur. A nouveau on le poussa et il se retrouva au beau milieu de plusieurs avions spatiaux et de jeunes garçons. Quel âge avaient-ils? Déi n’en savait rien et se rangea avec eux. C’est alors qu’un long discours leur fut offert.
- Salut bande de merde! Vous êtes là pour vous renforcer, rien de plus. Certains vont crever, d’autres vont devenir fou! Que c’est réjouissant!
On leur balança un sac bien lourd à chacun.
- Dans un mois on vous recherchera, enfin les survivants car à mon avis il n’y aura déjà plus la moitié d’ici là ! Dans une minute, si vous n’êtes pas partis très loin d’ici on vous canarde!
Des hommes armés sortirent de gros fusils et chargèrent ces derniers. Ils semblaient attendre et Déitan se tourna vers celui qui semblait diriger les opérations pour lui offrir un sourire en coin.
- Osez faire ça tien! Mon frère va vous crever!
- N’oublie pas que c’est lui qui t’a envoyé ici petit con et pour la peine on va te faire comprendre rapidement ce que tu veux voir au fur et à mesure de ton petit séjour ici..
La voix de l’homme était menaçante et deux hommes le saisirent par les bras pour l’attacher à un poteau. Le torse collé à celui-ci, il avait les chevilles et les poignets attachés autour. A moitié nu, il tourna la tête sur le côté et vit un fouet prêt à claquer l’air. Déitan allait utiliser le pouvoir qui était le sien pour se détacher mais une aiguille s’enfonça dans la chair et le jeune homme poussa un cri strident. Le produit qui voulait ne lui brûlait à en mourir.
- J’ai été prévenu tu sais, tu es télékinésiste, assez pratique comme pouvoir…grâce à ce que je viens de t’injecter, on va pouvoir te fouetter comme il faut sans que les cordes ne se défassent..allez..c’est parti!
Un premier coup dans le dos et le jaune Valore serra les dents alors que ses yeux étaient prêts à sortir de leur orbite. Un autre coup et ses dents grincèrent. La douleur se répandait en lui comme le feu ardent qui brûlait les chairs. Un troisième et les larmes coulèrent sur ses joues. Les hommes continuèrent tour à tour de le fouetter tout en criant de voir tant de sang couler des chairs abîmées. Faire du mal à un gosse de riche était sûrement très divertissant. Finalement, les coups cessèrent et la mâchoire de Déi se relâcha pour laisser passer une plainte. Il n’en pouvait plus tellement son dos lui faisait mal. On le détacha et le jeune homme tomba au sol. Deux hommes le ramassèrent pour le balancer à l’arrière d’un pick up avec son sac puis la voiture démarra.
Au fur et à mesure que le temps passait, le temps se rafraîchissait jusqu’à devenir glacial. Déi avait enfilé son t-sirt qui aussitôt colla à ses plaies. Alors qu’il se relevait, il voyait qu’une brume épaisse s’était installée. Une secousse : la voiture s’était arrêtée et un homme sortit de la cabine pour prendre le gosse par le col et ainsi le balancer sur le sol recouvert d’une fine couche de neige. Il posa le sac à dos devant ses yeux.
« T’as un moi petit à faire avec la bouche qu’il y a dans le sac sachant qu’il y en a pour deux semaines maximum…j’espère que t’as l’instinct de survie! »
L’homme repartit à son volant, prit d’un rire tonitruant. Le pick up disparut dans la brume et un vent glacial réveilla la douleur dans son dos. A toute hâte, il trouva dans son immense sac une couverture légère et la mit sur son dos pour se protéger du froid.
Les jours passèrent et Déitan avait apprit à faire avec le climat parfois glacial parfois brûlant. Quelle planète pouvait avoir un climat aussi détraqué que celui-ci ? Encore une fois, il faisait avec et mangeait petit à petit ce qu’il avait en nourriture : des conserves au goût infâme. Il avait beau manger le stricte minimum, il voyait tout de même ses vivres disparaître rapidement. Une semaine plus tard encore, il en était rendu à manger une fois par jour de petites quantités mais rien à faire. Il lui restait une boîte d’haricots secs. Déitan avait maigrit, il ne ressemblait plus à ce qu’il était auparavant.
Le soir, enveloppé dans sa couverture - peu chaude - il entendit du bruit et vit un des jeunes hommes du début. Il avait des yeux à la fois fatigués et exorbités. Ce soir là, il aurait pu le comparer à un fois.
« T’as…t’as….t’as….à…à…mangerrrrr! » cria-t-il comme un affamé.
« Heu…il me reste une boîte…mais j’en ai besoin, il reste encore deux semaines et je n’ai pas trouvé de quoi manger sur cette planète.. » avait répondu Déitan.
« JE LA VEUX! JE VEUX! JE VEUX! DONNE! » cria le jeune garçon en se jetant sur le jeune Valore, un couteau à la main.
Déitan balança sa couverture et roula sur la côté. Mais l’autre arriva à lui attraper la cheville pour soudain la lui mordre jusqu’au sang. Déi cria à son tour mais pour une tout autre raison. Essayant de se dégager, il donna un coup de pied dans la tête du fou pour enfin le faire lâcher prise et se traîna jusqu’à son sac pour y trouver son propre couteau. Mais il n’eut pas le temps de chercher grand-chose car l’autre cinglé se jeta sur lui. Déitan se retourna et lutta avec lui. Le couteau était tout prêt de sa gorge et le jeune Valore faisait en sorte de retenir les mains du garçon pour qu’il n’abaisse pas plus le couteau.
« Je vais te tuer, OUIIII te tuer!!! Je vais manger ce que tu as…et je vais te manger! Pardonne moi, mais j’ai trop faim!!! »
Déitan se retournait dans son lit, de la sueur perlait sur son front et ses longs cheveux bruns collaient à ses joues.
Déi arriva finalement à retourner la situation après quelques secondes de réflexion. Il avait retrouvé depuis déjà quelques jours toutes ses facultés donc la possibilité d’utiliser ses pouvoirs - qu’il n’utilisait plus depuis un moment puisqu’il n’avait pas l’occassion -. Par son mental, il vit le garçon faiblir et la lame lui échapper des mains pour se planter dans sa gorge. Déitan se recula durant ce moment de boucherie alors que le couteau découpait en plusieurs endroits la chair du fou.
Sauf, il prit ses affaires et courut à toute vitesse. Pas besoin d’aller bien loin, juste à côté il y avait cette grotte. Il y pénétra et s’installa confortablement sur le sol sec car dehors à présent la neige tombait. Fatigué, il s’endormit rapidement pour oublier ce qu’il venait de se passer. Le lendemain, il attendit un moment avant de se décider à manger la dernière boîte de nourriture. Déi n’en mangea que la moitié pour utiliser le reste plus tard dans la journée. Un seul repas ne lui suffisait plus. Il manquait de force et tombait de fatigue rapidement. A cette vitesse là, encore trois jours et il allait mourir. Il n’avait plus d’eau non plus ce qui ne l’aiderait pas.
Il faisait sombre dehors et la neige tombait encore plus vite. Déitan mangea ce qu’il lui restait et s’endormit.
Une journée dans cette grotte, il n’avait plus rien à manger, plus rien à boire. Allait-il mourir comme ça ? C’est alors qu’une idée lui vint. Avec sa gourde, il s’approcha de la sortie de la grotte et récupéra de la neige qu’il enfonça dans ce qui lui servait de bouteille puis plaça la gourde sous son t-shirt pour la réchauffer et ainsi avoir de l’eau. Il repartit jusqu’à sa couverture et se lova dedans. Ainsi, trois jours passèrent et Déitan avait pour seule nourriture de l’eau. Il avait si faim, tellement faim. Il serait prêt à tout..J’espère que tu as l’instinct de survie lui avait dit l’autre..C’est alors qu’une idée affreuse lui vint en tête. Pouvait-il…vraiment…faire ça ? Tant pis, il devait se nourrir et c’était le seul moyen pour survivre. Avec le peu de force qu’il avait et son couteau, il sortit de la grotte et marcha tout droit jusqu’à voir une sorte d’obstacle fait de neige. Il gratta la neige à l’aide de ses doigts et découvrit un corps mutilé mais sauvegardé par la neige. C’est avec l’envie de vomir qu’il sortit un bras de la neige, le tenant en l’air qu’il commença à le découper à partir de l’épaule. Déitan s’attaqua ensuite à l’autre bras et ainsi de suite jusqu’à démembrer tout le corps. Il récupéra les deux bras, les deux jambes ainsi que le buste et laissa derrière lui la tête. Alors qu’il rentrait à la grotte en traînant son futur repas qu’une lueur dans ses yeux, la dernière sûrement, disparut définitivement. Ses yeux bruns étaient comme vides.
Déitan avait de quoi manger, laissant sous la neige à l’entrer de la grotte les membres et le torse du garçon. Au fur et à mesure que les jours passaient, Déitan allait se servir à l’entrée, laissant la neige ainsi conserver la viande humaine puis il rentrait à l’intérieur manger sa viande malheureusement crue. Il avait reprit du poids et pouvait manger à sa main tout en buvant à sa soif. Les joues passaient oui et Déitan n’avait dans son comportement plus rien d’humain. Il se cachait de la lumière, mangeait de la chair humaine comme une bête et dormait le reste du temps. Puis un jour il entendit du bruit et un homme rentra dans la grotte.
« J’en ai trouvé un!!! Il semble en forme putain! »
Puis l’homme vit non loin de là un tas d’os : deux fémurs, plusieurs côtes, des tibias et bien d’autres. Soudain, un cri et l’homme recula.
« Putain mais c’est trop crade! Il a bouffé un mec, et ça peut être seulement un des gamins du début! »
Déitan s’agita dans son lit et se réveilla en sursaut. Il avait le visage couvert de sueur et la couverture collait à son torse. Mon dieu…Il savait qu’il avait mangé quelqu’un mais ne s’était pas rappelé exactement de tout… Il se mit à pleurer, craquant de désespoir. Si il y a bien un souvenir dont il ne voulait pas se rappeler pleinement c’était bien celui-là.
Déitan se rallongea et ferma les yeux, à la fois paniqué et déprimé. Quand il réussit à se calmer, il s’endormit à nouveau.
Il était assis à une petite table comme on en voit dans les salles de cours. Il était justement dans une de ces salles. Cette dernière se vidait et Déitan restait ainsi, fixant son jeune professeur. Un bel homme d’ailleurs qui ferma la porte à clé après le cours, le laissant lui et Déi seuls. Enfin, l’homme se déshabilla et s’allongea par terre, les jambes écartées.
« Déitan, je n’en peux plus depuis le début du cours…prends moi maintenant, j’ai besoin de te sentir, c’était si bon la dernière fois… »
Déitan se leva et se débarrassa du superflu. Seule la chemise et la veste restaient sur lui. Il se branla rapidement, passa un préservatif et écartant les fesses de son professeur sans douceur, le pénétra dans un long râle de plaisir. Il fit de longs va et vient, écoutant son prof gémir de plus en plus fort tout en se caressant lui-même.
« Oh Déitan…c’est……c’est…si bon…si bon…AHHh..enc.. » disait-il jusqu’à être coupé, une main sur la bouche.
« Mais vous allez la fermer putain! Je peux même plus baiser sans vous entendre crier comme une pute en chaleur ? » grogna le jeune Valore.
Et Déitan continua ainsi, s’enfonça de plus en plus fort dans son professeur. Après avoir fini de faire crier son professeur et après avoir pris pleinement son pied, il était sorti de la salle laissant l’autre sur le carrelage. Il ne pouvait décemment pas rentrer chez lui dans cet état et c’est dans les toilettes des hommes qu’il se débarassa du préservatif et qu’il se recoiffa devant une glace : cheveux courts, des lunettes sur le net, il était beaucoup plus mince, voire maigre comme un clou. De plus, il semblait être plus petit…
Le souffle de Déitan dans son lit était fort, ses sourcils se fronçaient mais il continuait à dormir, agité.
Déitan avait environ 7 ans. Maedan en avait 16. Discrètement, les deux garçons se faufilèrent dans la cuisine et Déitan sortit de sa poche une petite fiole.
« Bon, t’as préparé ce que je t’ai demandé? » demanda le plus vieux.
« Oui oui, je suis pas débile non plus! » répliqua Déitan d’un air mauvais.
« J’ai pas dit le contraire mais tu penses que ça va être efficace? » fit Maedan.
« A ce que je sache c’est pas toi qui a remporté le prix scientifique du collège! » répondit le jeune Valore.
« Ce n’est pas donné à tout le monde de sauter quatre classes à ton âge… » ronchonna l’aîné.
« Prends ça et arrête de râler! » dit Déitan en donnant la fiole à son grand-frère.
Maedan jeta un coup d’œil hors de la cuisine. Personne. La cuisinière était sortie faire une course et avait laissé sur le feu une grande casserole dans laquelle se trouvait le repas des parents : du couscous! Mae s’approcha donc de la casserole et souleva le couvercle pour vois les légumes cuire. Il le posa à côté et déboucha la fiole : il la vida sur les légumes et dans la sauce puis avec la cuillère de bois qui traînait là mélangea bien le tout. Enfin il reposa le couvercle et revint vers son petit frère en lui tapant dans la main.
Les parents Valore entrèrent et avec le sourire embrassèrent leurs deux enfants aux airs angéliques.
« Alors Maedan, comment vas-tu mon cœur? » demanda leur mère avec un grand sourire sincère.
« Bien bien, j’ai eu 15 en maths! » répondit Maedan, innocent.
« Bravo mon fils! » rajouta leur père en le serrant contre lui par l’épaule.
« Et toi Déitan ? Comment s’est passé ton conseil de classe ? » demanda leur mère.
« Et bien je saute la cinquième, direct la quatrième… » répondit-t-il l’air heureux et adorable.
« Mon dieu, Déitan…tu ne voudrais pas faire comme les enfants de ton âge…je veux dire, il serait mieux pour toi d’aller en cinquième, tu as déjà sauté trois classes tu sais…une quatrième…ça ferait beaucoup… » dit le père en lui ébouriffant les cheveux.
« Oui vous avez sûrement raison… »
Déitan était très intelligent, trop diraient ses parents. Sa mère l’embrassa sur le front et lui offrit à nouveau un large sourire ainsi qu’à Maedan.
« On va manger rapidement, ce soir nous devons partir pour un voyage d’affaires! »
« D’accord.. » dit Maedan dans le dos de son frère, le tenant par les épaules.
Leurs parents étaient installés dans la cuisine, mangeant à la va vite le repas que la cuisinière avait préparé pour eux : le fameux couscous. Puis après avoir mangé ce qu’il y avait dans leur assiette, ils montèrent se changer.
On entendit un bruit lourd et la cuisinière qui était de retour depuis un moment monta rapidement à l’étage. Elle se mit à crier tandis qu’au rez-de-chaussée les deux gamins se regardaient avec un sourire à la fois complice et satisfait. A leur tour, ils montèrent en catastrophe, faignant l’incompréhension et Maedan en arrivant dans la chambre des parents fit semblant de cacher l’horrible spectacle à son petit frère.
« Ils sont morts… » dit la cuisinière en pleurant.
Déitan se réveilla en sursaut, Anton était là, à côté de lui. On pouvait lire sur son visage qu’il avait l’air inquiet. Le jeune couturier le prit dans ses bras et Déitan se mit à trembler. Pour autant, il ne pleura pas à nouveau et se contenta de serrer les dents.
« Anton…tu m’aimes…hein?…tu m’aimes ? » demanda Déitan, inquiet aussi et perdu par ce qui lui était revenu en mémoire.
« Mais oui, qu’est-ce qui te prends..? » demanda Anton à son tour.
« Je suis un monstre…je me rappelle..de choses…horribles…mais je ne suis plus comme ça hein ? » avoua le jeune Valore, fébrile.
« Mais non tu n’es pas un monstre, dis moi…dis moi tout… »
« J’ai mangé un homme…pour survivre avant que je ne perde la mémoire, que je me fasse tirer dessus…je n’ai jamais été à un camp militaire…mon frère m’a envoyé là bas, on m’a abandonné là bas avec d’autres et…et..pour survivre…j’ai mangé un des garçons..après…je me suis vu coucher avec un prof…j’étais bizarre…je me suis vu dans un miroir et…je ne ressemblais pas à ça, non…j’étais plus petit, j’avais les cheveux courts, des lunettes..j’avais déjà vu une photo de moi comme ça….mais me revoir , m’imaginer ainsi, je n’arrivais pas…et après je me suis vu tuer mes parents…je les ai empoisonné…et .. »
Il n’eut pas le temps de dire que Maedan faisait parti de la combine qu’Anton le lâcha, l’air horrifié. Il avait les yeux écarquillés et il plaça la main devant sa bouche comme pour s’empêcher de vomir. Déitan approcha une main de son visage mais Anton la balaya de sa propre main et courut jusqu’à la salle de bain s’enfermer. Déitan se leva aussi vite que possible et s’approcha de la porte fermée.
« Anton, quest-ce qu’il y a ? je t’en supplie Anton, me laisse pas, aide moi! » cria Déitan, perdu.
Il avait besoin d’Anton pour se faire à l’idée de ce qu’il était, supporter ça tout seul, il ne pouvait pas.
« Anton…me laisse pas… »
« Va t-en, pars!!!! Je….Laisse moi…je ne veux plus te voir. PARS!!!!! » hurla Anton dans la salle de bain, recroquevillé sur le sol.
Déitan recula, perdu comme jamais. Dans le silence le plus profond, il se mit à pleurer et récupéra ses affaires. Anton l’abandonnait…finalement, il ne l’aimait pas. Et cette constatation lui poignarda le cœur. Apprendre tout ça sur lui n’était pas le pire, ce qui allait le détruire ce n’était pas ses souvenirs mais la fait qu’il dégoutait Anton. C’est donc ravagé par le chagrin et le cœur serré qu’il quitta l’appartement d’Anton.

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Keikoku, Petit Esprit de l'Oasis